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Cercle Généalogique et Historique Champanellois

Association "Loi 1901" de Saint-Genès-Champanelle, 63 , France

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MORNAC par les autres

MORNAC fut un sujet d'inspiration important pour des écrivains à genre littéraire différent.

Du roman aux archives, la trame de la vie de notre héros est la même mais des détails diffèrent. Il est donc parfois risqué de faire la part des choses.

Essayer alors de rétablir une vérité historique lorsque des périodes de vie manquent (parce que non archivées) s'avère être une entreprise difficile. Il semble opportun d'envisager ce qu'on raconte ou ce qui fut colporté dans un premier temps pour repérer ensuite les incertitudes dans les faits rapportés, soulevant beaucoup d'interrogations.

I- L'HOMME

MORNAC fit trembler l'Auvergne durant la deuxième moitié du XIXème siècle. Un personnage si tristement célèbre ne laisse, pas la population indifférente. Au contraire beaucoup de choses furent dites et écrites, avec omissions ou inexactitudes, rendant le personnage tantôt maléfique ou tantôt héroïque dans sa vie ou dans ses actes.

1°) Ses origines familiales

Le début de la vie de MORNAC est retracée de façon concordante dans les ouvrages. .

François MORNAC, son père, officier de santé à Laqueuille, fils lui même d'un chirurgien, épousa le 30/01/1788 Marie Tardiff, fille d'un grand propriétaire considéré dans le pays. Elle lui donnera quatre enfants dont Antoine dit Victor MORNAC né le 21 vendémiaire (septembre) 1802. Les parents MORNAC décèdent en 1837 (pour le père) et en 1844 (pour la mère).

2°) Description physique

Comme pour renforcer l'aspect terrifiant du personnage, les descriptions physiques sont faites avec force détails dans les écrits relatant le personnage.

Sa stature est grande, on va même jusqu'à préciser dans son signalement lors de la procédure criminelle qu'il mesurait 1 M 77. Son visage est expressif quoique sombre, garni d'une longue barbe, le rendant mystérieux. On lui prête une rudesse de la voix ainsi que des façons brusques et ce, dès son plus jeune âge. Sur la route il est croisé muni d'un chapeau de forme montagnarde aux bords rabattus sur son visage, protégeant une certaine clandestinité, et il est vêtu d'une blouse montagnarde sur un gilet de bourgeois.

Il possède une grande qualité physique. On dit de lui que c'est un marcheur sans égal, certains auteurs écriront même que la longueur de ses jarrets était telle qu'elle lui permettait de fournir aisément les courses les plus longues dans un laps de temps très court. Cette rapidité de marche quasi surhumaine constituera pour MORNAC, un atout physique indéniable, lui permettant de se créer des alibis, et d'échapper parfois longtemps aux recherches dont il sera l'objet.

3°) Personnalité

Une personnalité peu sympathique est attribuée au personnage : il est amoral, cynique, cupide et cruel, violent dans ses crimes et menace hommes et bêtes. On le dit rebelle contre l'ordre établi, avec une certaine particularité pour profiter des petites gens et les déposséder.

Mais d'un autre côté, il est curieux de constater qu'il peut être correct voire affable, en tant que compagnon de route. Certains auteurs (Champeix), lui prêtent des sentiments amoureux, et le décrivent à cette occasion comme un être doué d'une grande sensibilité et émotivité.

Mais partout, on retrace le côté calculateur et peu aventureux de MORNAC, ce qui peut paraître contradictoire !

En effet, il se renseigne de la fortune des gens avant de les déposséder et ne s'attaque pas à plus fort que lui. D'ailleurs au cours de son procès, il se décrira comme une véritable poule mouillée par rapport à sa taille.

Son intelligence et son éducation font l'unanimité dans les ouvrages que nous avons lus. Déjà, la naissance dans une famille instruite fut un point important dans son éducation. On prétend qu'à Clermont, il aurait reçu une instruction et une éducation soignées, ce qui lui aurait permis de devenir clerc d'avoué à Clermont, (information non vérifiée) puis instituteur libre, position de notable au XIXème siècle.

II- Les méfaits : sa triste célébrité

l°) Les actes criminels de MORNAC.

Ce personnage doit sa célébrité à ses actes de violence et à son passé de criminel.

En 1826, MORNAC, instituteur libre en Auvergne, lors d'une fête patronale, alors qu'il est ivre, profère des insultes aux gendarmes, ce qui lui vaut une condamnation par le tribunal correctionnel de Clermont.

Deux ans plus tard, Victor MORNAC blesse très violemment, à la suite d'une altercation, un instituteur dont il prétendait qu'il lui nuisait auprès de l'Académie. La victime pour certains auteurs en réchappa mais la majorité s'accorde à dire qu'il en mourut, et le Tribunal de Clermont le condamne par défaut à deux ans de prison pour coups et blessures.

En 1832, Victor MORNAC est condamné à douze semaines de prison pour avoir étranglé un cheval, condamnation qu'il n'effectuera pas.

A partir de cette époque V. MORNAC est obligé à une vie de vagabond et les méfaits les plus divers sont relatés à son sujet, sans preuve de leur authenticité : Il insulte, il. rudoie ses compagnons de route et menace les aubergistes d'incendie.

Le 19 Août 1834, Victor MORNAC est condamné à 10 ans de travaux forcés et à l'exposition pour vol qualifié. Il est expédié au bagne de Toulon d'où il sort en septembre 1844.

Au bagne afin d'impressionner ses compagnons d'infortune, Victor MORNAC leur fait une révélation. Il se vante d'avoir étranglé la jeune fille LAGONELLE alors qu'elle comptait ses sous chez elle. Ayant traîné le corps jusqu'à l'étang, il simule une noyade accidentelle à laquelle la justice se laissera prendre.

Les deux forçats, dans le but de voir réduire leur peine, écriront une lettre au procureur du Roi de Clermont, afin de révéler les aveux de MORNAC.

L'incident obligea le procureur du Roi de Clermont à reprendre l'affaire qui avait été rapidement classée.

Une enquête supplémentaire fut faite par le juge de paix de Bourg-Lastic qui adressa son rapport le 27/09/1836.

A sa sortie du bagne en 1844, MORNAC, libéré, choisit comme lieu de résidence surveillée Laqueuille, sa région natale. Il est étrange de constater que cet homme, qui a payé sa dette envers la société, ne choisisse pas pour s'établir une autre région où il pourrait continuer sa vie, lavée d'un lourd passé.

Cela signifie t-il alors, une volonté de vengeance contre une population locale qui lui est familière ?

A l'automne 1849, Jean Barrier revient du marché de Montferrand où il a vendu des brebis et a fait l'acquisition d'un chien. De ce fait, il fait donc route avec beaucoup d'argent sur lui, ce qui est constaté par ses compagnons de route. Après un moment de marche Barrier et son compagnon sont abordés par un inconnu avec lequel ils poursuivent leur chemin. Ces trois hommes entrent dans l'auberge du col de la Mort Raynaud tenue par les Ondet. Au moment de payer leur écot, chacune des personnes sort sa bourse. L'inconnu et la tenancière du lieu se rendent compte alors de l'importance des sommes transportées et étalées sans méfiance par Jean Barrier. Ses compagnons de route et la dame Ondet, défiante à l'égard de l'inconnu, lui conseillent de ne reprendre son chemin que le lendemain et de passer la nuit à l'auberge. Rassuré par l'inconnu qui manifeste sa témérité en lui assurant protection sur la route, Jean Barrier, étranger à la région, et ignorant les agissements de MORNAC accepte sa compagnie.

Ils s'éloignent tous les deux laissant le troisième gaillard qui, pourtant, renouvelle ses conseils et son hospitalité pour la nuit. L'inconnu avait des arguments de poids pour influencer la décision de Jean Barrier et obtenir sa confiance : tel par exemple sa proposition de faire ouvrir une auberge sur la route un peu plus loin malgré l'heure tardive.

Le lendemain matin, des personnes trouvent un homme inanimé, dans le fossé et effroyablement ensanglanté, son identité n'est pas immédiatement reconnue. Elles préviennent les secours. Des passants l'interrogent et obtiennent du blessé la réponse suivante : " je me suis blessé en revenant d'une foire..." Le garde champêtre organise les secours, et des enquêtes sommaires révèlent l'impossibilité d'une blessure par lui-même (entaille dans la tête et une pierre pointue ensanglantée, près du corps meurtri).

Ayant recouvré connaissance, le blessé décline son identité. Il s'agit de Jean Barrier, très souffrant, il prétend avoir été attaqué mais se dédit immédiatement après, réaffirmant qu'il s'est blessé de lui-même.

Les gendarmes concluront en fonction des indices à l'évidence d'une lutte. Au cours de l'enquête en direction de Clermont, reconstituant l'itinéraire de la dernière étape de la victime et à une seule exception, identifieront ses compagnons de route.

Le pauvre Barrier survécut quarante jours à ses cruelles blessures et il aurait avant sa mort nommé MORNAC comme son meurtrier sous la pression de son entourage, mais cette révélation ne sera rapportée qu'à la reprise de l'instruction (c'est à dire trois ans après en 1852). L'expertise médicale conclut à une tentative d'homicide.

Dans la nuit du onze Juin 1850, deux habitants de Laqueuille sortent du bourg et découvrent Marien BONY dans le fossé, gémissant et souffrant. Les deux personnes se précipitent pour chercher du secours le transportent dans l'écurie d'une auberge, puis préviennent la nièce de BONY.

Quand celle-ci arrive elle demande à BONY quel est l'auteur de ces cruels actes, ce dernier rétorque qu'il lui fera la confidence quand il sera chez elle. Sur le chemin il décède sans avoir pu parler. La rumeur publique désigne MORNAC, car celui-ci et BONY effectuaient ensemble la veille une tournée de beuverie accompagné de BOUCHAUDY.

Aussitôt que MORNAC apprend la mort de BONY, il se précipite à son chevet, embrassant et pleurant son ami.

Les gendarmes appréhenderont MORNAC et le relâcheront faute de preuve.

Si MORNAC s'est rendu célèbre par ses actes criminels, il n'en est pas moins connu également pour sa marginalité. Bien qu'il possède une maison à LAQUEUILLE, sa situation financière demeure mystérieuse, tantôt on le voit dans la gêne et tantôt il dépense sans compter.

Le secret qui gravite autour de sa vie fait de lui un personnage craint et admiré à la fois. Sans aller jusqu'à des actes criminels, MORNAC terrifie les personnes, refuse de régler ses repas. Par ses menaces et ses actes de grivèlerie, il parvient donc à se restaurer gracieusement.

Parfois il prend le temps de bafouer quelque pauvre diable, par exemple, il demande à un journalier de Laqueuille Jean LAGOILE de lui "faire une journée", et pour tout salaire l'oblige à payer les deux repas qu'ils viennent de prendre ensemble à l'auberge. Un peu plus tard, il le convie chez lui pour le payer après lui avoir fait faire quelques corvées et en fait de règlement, lui emprunte cinquante francs. LAGOILE refuse, MORNAC se mettra à claquer des dents d'une façon si diabolique et si menaçante, que LAGOILE s'en ira épouvanté.

De même, il rossera un cultivateur qui prétendra s'être fait mal car il n'osera pas dénoncer MORNAC immédiatement.

Ainsi sa présence indispose et fait peur sans parfois aucune manifestation de violence, par exemple, la dame BOURRAUD apprenant seulement que sa chambre dans l'auberge est attenante à celle de MORNAC préférera passer la nuit dans la cuisine près du couple d'aubergistes.

Il profite de la peur qu'il inspire aux gens pour les aborder de diverses façons, profitant de leurs chevaux, de leur argent, en un mot de leur crainte. Mais il procède souvent sans violence, jouant seulement sur sa terrible réputation.

La population de cette région au milieu du XIXème siècle est essentiellement composée de paysans de marchands de bestiaux et d'aubergistes.

La caractéristique commune de ces personnes est leur faible niveau d'instruction. L'isolement est accentué par la difficile communication entre Clermont-Ferrand et les alentours, et a plus forte raison entre Paris (où des événements importants se déroulent : la monarchie de Juillet) et la Province.

Monique Michaux nous apporte quelques renseignements sur le tempérament auvergnat : le climat continental de cette région forgeait le caractère simple et farouche de ses habitants.

Elle décrit le caractère auvergnat comme patient, laborieux, constant dans l'habitude. L'auvergnat est en général sobre, économe, mais probe. On reproche à ces montagnards d'être défiants soupçonneux et possessifs.

Les foires, véritable institution économique permettaient aux gens de communiquer, tout en ayant un rôle commercial important.

Ces gens s'y rendaient afin de vendre ou d'acheter, â pied, à cheval et accomplissant parfois bon nombre de kilomètres.

(calendrier des foires : document annexe n° 1)

C'est donc souvent lors des retours de foire que notre bandit de grand chemin accostait ces pauvres gens nouvellement enrichis afin de les dépouiller. On accepte toujours mal de se faire déposséder par un malandrin, mais pour ces gens au travail rude et pénible qui avaient parcouru de longues distances par un temps peu clément, qui avaient conscience de la valeur de leur peine, cette spoliation ou celle de leur voisin était considérée comme un acte des plus injustes. Ceci explique alors leur comportement pouvant aller jusqu'à la mort pour sauver leurs deniers, mais aussi leur orgueil (ex : Jean BARRIER)

Que MORNAC ait fait l'objet d'injures collectives à Briffons lors d'une fête patronale, ou qu'il se soit fait rosser par plus fort que lui, ces faits restent quand même exceptionnels.

D'ailleurs, ces cas insolites sont demeurés célèbres et on rappelait, souvent l'affaire du roulier DUCOIN, voiturier à Tauves, qui donna un grand coup de barre de fer à MORNAC qui lui barrait le chemin.

Ce fait fut rapporté au Maire, ce qui l'obligea à faire rechercher MORNAC. On le trouva dans un piteux état niant pendant un court moment sa rencontre avec DUCOIN. Ce n'est qu'un peu plus tard qu'il reconnaîtra la véracité des faits.

L'officialité de l'affaire ainsi que son côté exceptionnel de revanche contre MORNAC, contribuèrent à sa publicité au sein de la population, même si, à la demande de MORNAC, le Maire craintif tentera d'étouffer l'affaire.

Non seulement les paysans, les aubergistes seront abusés par le bandit, mais le Maire de Laqueuille sous la crainte et la menace ira jusqu'à établir des certificats d'honorabilité à MORNAC, le reconnaissant victime, martyr de faux témoins.

Devant le juge de paix MORNAC retirera la parole à un témoin, et aux assises le Président s'étonnera de ce fait et apprendra par le témoin recité que ce juge de paix craignait MORNAC autant que les témoins.

Les gendarmes ne seront pas épargnés et bien des anecdotes rapportent l'attitude provocatrice et méprisante de MORNAC à leur égard.

* [ blason de Mornac ] *

* [ introduction ] *

* [ portrait de Mornac ] *
(d'après G. BEGON)

* [ DEUXIÈME PARTIE : DES DIFFICULTÉS ET DES FAITS CONFIRMES ] *

* [ TROISIEME PARTIE : MORNAC UNE LEGENDE ] *

* [ Bibliographie ] *

* [ Documents annexes ] *

dernière mise à jour le 13 juillet 2004

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